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Les invasions normandes du IXe siècle, surtout à partir de 870, engendrent un processus de fortification des places de commerce jusque là ouvertes ou trop simplement protégées par de maigres palissades en bois.
Normands, COMTES, et Bourgeois

Le premier marquis puis comte de Flandre est du type aventurier qui s'assure la possession de la Flandre à l'occasion des batailles qu'il mène pour la protéger des Normands, chez nous des Danois. Son surnom de « Bras de Fer » en français, « Ferreus » en latin, vient de son surnom flamand « YSERIN » dû à son lieu de naissance dans un château entre deux bras de l'YSER, non loin de NIEUWPOORT. C'est ainsi que BALDUINUS FERREUS, BALDWIN YSERIN, est devenu BAUDOUIN BRAS DE FER dans l'historiographie de Flandre française.
Le 2ème comte de Flandre, BAUDOUIN II, fait s'élever sur la côte des « BURG » pour protéger le pays OOSTBURG, AARDENBURG, FURNES, BERGUES, BOURBOURG (BROEKBURG).
Luttant seuls contre les Normands, les marquis puis comtes de Flandre, s'affranchissent progressivement de l'autorité du souverain carolingien puis du roi de France. C'est également au phénomène normand qu'est dû le poème épique GUDRUN, dont la 3ème partie provient de chants contemporains originaires des côtes de la Mer du Nord et dont certains personnages (JUDITH) ou lieux (GUINES) évoquent l'entourage du 1er Comte de Flandre.
Alors que les marais, souvent par suite de collaboration entre les paysans et les communautés religieuses, sont asséchés et deviennent des terres drainées et irriguées, les comtes de Flandre stimulent le commerce par l'implantation de foires: ainsi à YPRES, MESEN, LILLE. Le marché et la foire sur la grand-place, le Bourgeois ou POORTER, les groupements de marchands en GILDES et HANSES qui obtiennent peu à peu du Comte par des chartes ou KEURES, des Privilèges, les halles aux draps, caractérisent ces villes.
L'agglomération naissante de BAILLEUL (BACULIOLUM veut dire « fortifié avec des pieux ») a peut être été fortifiée dès la fin du IXe siècle, avant de l'être en 1079 par le comte de Flandre ROBERT LE FRISON lequel avait dû se résoudre à combattre, victorieusement, le Roi de France à CASSEL, en 1071.
Sa première mention officielle date de 1093. BAILLEUL est alors délimitée par une ligne de circonvallation tracée par les « Stadsgrachten », « fossés de la cité ». Autour du noyau primitif délimité par les actuelles rues d'YPRES, des Viviers, du Musée, elle s'étend vers les rues de LILLE et d'Occident et comprend une Grand-Place. Au XIIe siècle apparaissent la rue des Foulons, ouvriers du textile, puis les faubourgs drapiers de SCHAARLAEKEN et BREEMERSCHEN (vers la gare actuelle).
En 1177, BAUDOUIN, châtelain de BAILLEUL au nom du Comte de Flandre, autorise la ville à avoir un Beffroi et une cloche, puis peu après, le droit de posséder un scel (sceau) et une Poorterie (Bourgeoisie).
Les armoiries de BAILLEUL sont reprises sur le scel des échevins et apparaissent à ce titre dès 1237 sur une cire suspendue à un acte officiel.
Dans les cités de Flandre, l'Eglise possède aussi influence et propriétés: en 1180, l'église de MESEN (MESSINES) reçoit du Comte de Flandre une terre située à NIEUWKERKE et BAILLEUL, avec les droits de juridiction, justice et seigneurie.

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