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Riche et prospère, la Flandre excite la convoitise de son suzerain et voisin, le Roi de France, qui annexe les marges méridionales du Comté en 1191. Peu après, BAUDOUIN IX reprend AIRE et SAINT-OMER mais quitte le pays pour une croisade dont il ne reviendra pas, terminant sa vie comme Empereur de Constantinople fait prisonnier par les Bulgares en 1205.
Les Guerres médiévales de la Flandre et de la France
Dès lors, PHILIPPE AUGUSTE, tuteur de la fille de BAUDOUIN, la Comtesse JEANNE DE FLANDRE, veut imposer sa volonté. En 1213, il brûle les cités de BAILLEUL, STEENVOORDE, HAZEBROUCK, et dévaste le pays de CASSEL. En 1214, FERRAND DE PORTUGAL, le Comte de Flandre, l'époux de JEANNE, se révolte, mais il est battu à BOUVINES.

L'influence française règne en Flandre au XIIIe siècle. Le roi arbitre les querelles successorales entre les DAMPIERRE et les AVESNES. Il s'appuie sur les riches Bourgeois des villes qui détiennent le pouvoir financier et arborent la bannière royale à fleur de Lys: les LELIARTS. Les paysans et artisans soutiennent plutôt le comte et sortent les griffes du lion : ce sont les KLAUWAERTS.

En 1297, PHILIPPE LE BEL annexe LILLE et augmente la pression fiscale. Il emprisonne à TOURNAI les curés des paroisses ST.-MAURICE et ST.-SAUVEUR de LILLE, coupables d'avoir défendu les traditions et franchises de leurs paroissiens. Les KLAUWAERTS se révoltent : en 1302, au cours des Mâtines de BRUGES, ils égorgent les partisans du Roi.
Le 11 Juillet, à COURTRAI, combattant à pied, ils taillent en pièces l'armée du Roi et la chevalerie française conduite par ROBERT D'ARTOIS, frère du Roi. C'est la bataille dite des éperons d'or, lesquels sont dérobés aux chevaliers à terre.
A la suite de la bataille de MONS-EN-PEVÈLE en 1304, PHILIPPE reprend la Flandre Gallicante, où l'on parle le Français et constituée des châtellenies de LILLE, DOUAI, ORCHIES. Il incendie LILLE pour faire un exemple et réaffirme son droit de suzeraineté sur toute la Flandre.
A partir de 1322, année où LOUIS DE NEVERS s'impose comme comte de Flandre face à son oncle ROBERT DE CASSEL et grâce à l'appui du Roi de France, la révolte gronde depuis le ZWIN et BRUGES jusqu'au NEUF-FOSSE et l'AA. Accablés d'impôts, les petits paysans, libres propriétaires, des châtellenies de FURNES, BERGUES, CASSEL, BOURBOURG, se regroupent et refusent la pression fiscale et le pouvoir des nobles inféodés au Roi. En 1324, ils se révoltent une première fois. Une deuxième révolte éclate en 1326 mais est également apaisée. Une troisième révolte éclate en 1328: sous la conduite de Nicolas ZANNEKIN, les nobles sont massacrés. Le roi PHILIPPE DE VALOIS intervient, franchit le NEUF-FOSSÉ à RIHOULT-CLAIRMARAIS et bat l'armée flamande à CASSEL.
Cette bataille fit plus de 3000 morts. Les meneurs furent exécutés, les chartes et privilèges confisqués et remis au comte LOUIS DE NEVERS. Le vainqueur fixa les indemnités que les vaincus durent verser et ordonna la saisie des biens de tous ceux qui avaient pris part à la lutte du côté des perdants.
Les rapports avec la France ne s'arrangent pas pendant le XIVe siècle car la Flandre Flamingante s'affirme anglophile tandis que le Comte et la Flandre gallicante se montrent francophiles. En 1382, le Roi de France intervient à nouveau et bat d'ARTEVELDE, meneur des Gantois et Brugeois, à ROOSEBEKE.
A la mort du Comte LOUIS LE MALE en 1384, PHILIPPE LE HARDI, Duc de Bourgogne, époux de MARGUERITE fille de LOUIS LE MALE, ajoute la Flandre à ses possessions de Bourgogne et d'Artois.
Dans la plupart des batailles, les milices communales régulières, encadrant des volontaires, avaient accompli leur devoir. Les milices de BAILLEUL, très anciennes, avaient déjà pris part aux Croisades avec leur seigneur en 1098 et 1192, avant de combattre le roi à BOUVINES, COURTRAI, CASSEL, ROOSEBEKE.
A MONS-EN-PEVELE, les milices les plus gravement touchées sont celles de DOUAI: elles perdent 600 hommes, ce qui explique que les armoiries de la cité soient de gueules à la flèche d'or frappant l'écu d'où sort un flot de sang qui laisse apparaître 6 gouttes.

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