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Dès l'antiquité Belgo-Romaine, notre région frontière a affirmé sa vocation internationale : n'était-ce pas des territoires des Morins, Ménapes et Atrébates que s'élançait la grande voie qui partait vers la Germanie et qui ouvrait, déjà, une porte sur l'Europe Centrale ?
Conclusion : l'avenir de la Flandre: la coopération transfrontalière au coeur de l'Europe
Immédiatement après la chute de l'Empire Romain, c'est surtout grâce au littoral et aux intrépides navigateurs qui fréquentent les côtes des Flandres que notre région prend part au grand commerce international de l'Europe Occidentale, alors centré sur la Mer du Nord et la Manche. Les routes religieuses elles-mêmes permettent aux pèlerins de Grande-Bretagne et des Pays-Bas de rejoindre par la Flandre, l'Artois et le Bassin Parisien cet autre grand axe international que constitue le sillon Rhodanien. Tout au long du moyen âge, la Flandre est la véritable plaque tournante d'un commerce international qui se joue des frontières étatiques et asseoit ses bases sur la coopération intercommunale depuis LÜBECK, siège de la Hanse, jusqu'à LILLE et DOUAI, en passant par LONDRES et ces carrefours européens que sont alors BRUGES puis ANVERS.
Encore au XVIIe siècle, les représentants à LILLE du nouveau maître des lieux, le Roi de France, reconnaissent volontiers cette capacité à l'échange et au commerce qui semble si bien chevillée au corps du Flamand.
C'est sans doute à cet esprit tourné vers l'Europe que l'on doit aussi cette merveilleuse aptitude des artistes de Flandre, les RUBENS et COEBERGHER, les architectes et peintres, à assimiler le meilleur des traditions et techniques, de la Renaissance Italienne pour la restituer, dans l'Europe du Nord/Ouest, à travers tout l'éclat de la Renaissance Flamande. Certes, les restrictions douanières étatiques, de plus en plus incontournables, ont pu, un moment, faire douter de cette vocation économique européenne de la Flandre, laquelle au temps de la Révolution Industrielle s'est surtout contentée, en ce domaine, d'accueillir sans compter nombre de travailleurs en provenance d'autres régions d'Europe. Et que dire de sa situation géographique qui en a fait l'épicentre de ce cataclysme fratricide qu'a été l'affrontement franco-allemand du XXe siècle !
Cependant, à l'approche du XXIe siècle, l'ouverture croissante sur l'Europe rappelle à la Flandre sa vocation fondamentale au coeur de l'Europe du Nord/Ouest: les communications autoroutières, ferroviaires et mêmes fluviales redonnent à la Flandre sa place d'origine au coeur de l'Europe des marchands, celle de l'axe Italie-Mer du Nord, véritable épine dorsale de l'économie de l'Europe toute entière.

Et pour peu que LILLE et son port fluvial unissent leurs efforts à ceux de DUNKERQUE, mais aussi à ceux, fluviaux, de COURTRAI et ROESELARE, et, maritimes, de GAND, ZEEBRUGGE, OSTENDE et ANVERS, c'est toute la coopération économique transfrontalière qui constituera le moteur économique de la Flandre, au Nord comme au Sud, au coeur de l'Europe, à l'aube du troisième millénaire.
Ainsi va l'Histoire, ainsi se renouent les fils d'une trame patiemment tissée depuis l'époque des premiers canaux des Flandres jusqu'à celle des ports d'importance mondiale implantés tout au long des côtes Flamandes et Néerlandaises, symboles de ce dynamisme économique qui submergera les frontières héritées du passé.
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