La Flandre en France
avec le Cercle Michel de Swaen

Willem van Rubroek (Guillaume de Rubrouck), moine franciscain flamand du 13e siècle, a parcouru 16 000 kms de la Crimée à la Mongolie à travers les steppes alors inconnues de l'Asie Centrale qui composaient l'Empire Mongol fondé par Gengis Khan. Étant un des premiers à s'aventurer dans ces régions, il en a ramené beaucoup d'observations géographiques et ethnographiques.

Willem van Rubroek

Au 13ème siècle, un grand péril menace le monde occidental. Dès 1236, l'armée mongole de la Horde d'Or, fondée par le prince Batu Khan, entreprend la conquête de l'occident. Ils occupent déjà le nord de la Chine et la Perse, et leur avancée est rapide : capitulation des Qiptchaqs et sac de Moscou en 1238, soumission des steppes de la Russie méridionnale en 1239, sac de Kiev en 1240. Pendant l'hiver 1240-1241, ils conquièrent la Pologne et la Hongrie. Le 9 avril 1241, une armée composée de 30 000 Polonais, croisés allemands et chevaliers teutoniques est défaite par les Mongols à Wahlstadt. En juillet 1241, les Mongols sont à Neustadt près de Vienne. Les conquêtes s'accompagnent de terribles massacres et de déportations massives. Frédéric II, empereur du St-Empire, échoue dans sa tentative de fédérer la chrétienté.

La providence viendra au secours de l'occident : le 11 décembre 1241, le grand Khan OEgödäi, successeur de Gengis Khan, meurt alors que ses armées s'apprêtaient à franchir le Danube gelée. Tous les chefs mongols doivent se réunir pour élire un nouveau Khan.

C'est dans ce contexte que part le 1er juin 1253, de Soldaia en Crimée, l'ambassade menée par Willem van Rubroek. Porteur de lettres importantes destinées au Khan, il a recu la mission de Saint-Louis de convertir le grand Khan au christianisme, mais également d'effectuer des observations militaires. Il rencontrera d'abord Sartach, le fils de Batu Khan, puis Batu Khan lui-même, qui l'enverra à la cour du grand Khan Mangu, à Karakorum.

Flamandophone, il s'intéressera au sort des Teutons déportés avec lesquelles il partage la langue et essaie d'entrer en contact avec eux. Les conditions offertes par les Mongols sont mauvaises, le froid, la faim et la soif sont au rendez-vous, mais jamais il n'emploie le terme de "barbares" pour désigner les populations rencontrées. Il se montre même admiratif pour ces hommes qui s'adaptent à toutes les conditions, et se voit choqué de leur tolérance religieuse : bouddhisme, islam, christiannisme, aucune religion n'est rejetée.

Rubroek est un ethnologue, mais aussi un géographe. Il affirme ainsi que la Caspienne est une mer fermée, alors qu'on la croyait à l'époque un golf de l'océan Arctique. Son livre de voyage est richement détaillé, plein de bon sens et de vivacité, et beaucoup plus rigoureux que le "Livre des Merveilles" de Marco Polo, écrit seulement quelques dizaines d'années plus tard.

  • La petite ville de Rubroek/Rubrouck en Flandre française lui a consacré un musée.
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