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Dès 1539, l'édit de Villers-Cotterets imposait le français « officiel » dans tous les actes de la vie publique et dès l'achat de Dunkerque en 1662, Louis XIV en imposait l'application, au mépris des traités, et expulsait les Jésuites et Capucins flamands.
L'assimilation culturelle
La Révolution française, fédérale au départ au point de traduire les lois en flamand, ne tarde pas à tomber dans le jacobinisme le plus intransigeant livrant une lutte sans merci aux langues allogènes. L'abbé Grégoire prêchera en 1794 : « Ces dialectes sont sortis de la source impure de la féodalité. Cette constatation seule doit vous les rendre odieux; ils sont le dernier anneau de la chaîne que la tyrannie vous avait imposée, hâtez-vous de le briser. Hommes libres, quittez le langage des esclaves ! ». Qu'en pensent nos amis suisses qui, ayant su respecter toutes les composantes de leur peuple, y ont gagné un patriotisme, un équilibre et une prospérité qui font d'eux la cible favorite des grinçants lazzis français ?
Le XIXe siècle fournira à l'État l'arme dont il avait besoin : l'École. Le 27 janvier 1853, le Conseil académique du département du Nord interdira purement et simplement l'enseignement du flamand, « ne permettant la lecture en flamand dans les arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck que pour les enfants au catéchisme, tous les autres exercices devant avoir lieu en français, et le maître ne devant pas souffrir qu'on parle une autre langue dans l'école. » Ils traiteront le problème à la hussarde, à grand renfort de signum et de punitions ! Voire d'injures ! Bien des Winnezeeloises par exemple se souviennent de la douce Mademoiselle Six qui maternait les petites filles qu'elles étaient en les traitant de « sales têtes de Boches, sales têtes de Flamands ».
La loi Jules Ferry du 28 mars 1882 donnera le coup de grâce : laïcisant complètement l'enseignement primaire, elle bannira de l'école le dernier reste d'enseignement en flamand : le catéchisme. Aussi, en 1887, pourra-t-on se permettre d'être très laconique : « L'enseignement doit être donné exclusivement en français ».
Le vieil État français jacobin ne semble pas davantage capable de réformes que les gérontes du Kremlin. En dépit de 26 propositions de lois présentées depuis 1958 pour les langues et cultures de France, il n'a cédé quelques pouces de terrain en Corse et en Bretagne que devant les attentats et la violence. François Mitterrand avait fait naître de grands espoirs qui ont semblé se concrétiser dans un projet de loi intéressant. Mais quel que soit le vernis, le politicien français reste un jacobin; on eut tôt fait de le remplacer par un Conseil des Langues et Cultures de France adroitement constitué et qui ne se rassemble même pas avec la fréquence prévue. En matière de régionalisation, l'Etat excelle à reprendre d'une main ce qu'il semble avoir concédé de l'autre...
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