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Les Flamands n'étaient pas restés sans réaction : le Comité Flamand de France, fondé le 20 avril 1853, adopta la fière devise « Moedertaal en Vaderland », mais il tournera assez vite à la société savante et sera assez vite amené à une modération dénoncée par Louis de Baecker.
La réaction flamande
En réaction contre l'inertie du Comité flamand et de la population en général, un jeune prêtre, Jean-Marie Gantois (1904-1968), fonda le Vlaams Verbond, publiant deux revues, « Le Lion de Flandre » et « De Torrewachter », réclamant l'autonomie locale et le fédéralisme et nouant des contacts avec les autres minorités de l'Hexagone. Mais, ayant poursuivi ses activités pendant la seconde Guerre Mondiale, il fut une proie toute désignée pour l'épuration de l'après-guerre. Cette guerre dont nous, Flamands, ne portons ni de près ni de loin la responsabilité, venait à point pour briser l'essor du mouvement flamand en France et pour accabler le peuple légaliste et timoré de Flandre en France d'une culpabilité que la génération actuelle rejette avec hauteur.
Mais la vie se révéla une fois de plus la plus forte. A côté du Comité flamand de France, naquit en 1971 le Cercle Michel de Swaen puis en 1977 Menschen lyk Wyder dont la devise est « Décider, vivre, travailler en Flandre ». 1978 vit apparaître Westhoek-Editons (appelées plus tard Les Editons des Beffrois) dont le catalogue est d'ores et déjà impressionnant. La radio libre Radio Uylenspiegel (FM 91.8 Mhz), maintenant légalisée après de honteuses poursuites contre ses pionniers, commença à émettre en 1979. Actuellement, la Flandre en France connaît un grand nombre de groupes de chanteurs, de danseurs, de défenseurs et de cafés qui proposent nombre d'animations flamandes (Blauwershof, Vierpot, etc...). La population bascule lentement de la crainte vers la recherche de son identité.
Arrivant à se désengluer peu à peu du centralisme belge, nos frères flamands d'outre-frontière nous aident à maintenir le feu sous la cendre. Le K.F.V. organise les Journées culturelles de Waregem et de Bailleul et soutient les nombreux cours libres, la Willem de Zwijger Stichting, a accordé une aide financière substantielle à Radio Uylenspiegel. Le regretté Flor Barbry et son Théâtre Populaire Flamand sillonnent la Flandre en France depuis une trentaine d'années. La municipalité de Nieuwpoort organise tous les ans une quinzaine de la Flandre française qui est un merveilleux moyen de rapprocher les officiels de part et d'autre de la ligne. Leur réussite économique face au marasme de la Flandre en France, la santé de leurs villes et de leurs paysages, face au vandalisme des urbanocrates hexagonaux ouvrent peu à peu les yeux des Flamands de France.
Mais Montesquieu a eu beau écrire : « Les terres ne rendent pas en raison de leur fertilité mais de la liberté des habitants », les responsables français n'ont toujours pas compris cette loi de la prospérité qui reprend à sa manière la célèbre formule de Jean Bodin : « Il n'est de richesse que d'hommes. »
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